
Bien que la crémation plonge ses racines dans la Préhistoire (les premières traces de crémation remontent à la période Néolithique), cette pratique n’a trouvé que très récemment sa place dans la société française moderne. Les pays européens adoptent des positions très variables à l'égard de la crémation : les chiffres et les comportements en témoignent. Selon l'influence religieuse et la force des courants laïcs notamment, les influences latines ou anglo-saxonnes, mais aussi l'implantation plus ou moins récente de l'incinération et les pratiques qui lui sont associées, nos voisins ont vu leur taux de crémation évoluer dans des directions très différentes. Ce sont la Grande-Bretagne (71 %), la Suisse (63 %) et la Suède (63 %) qui manifestent l'engouement le plus fort pour la crémation. Viennent ensuite les Pays-Bas (50 %), la partie ouest de l'Allemagne (32,5 %) et la Belgique (25 %, et jusqu'à 50 % à Bruxelles). Plus proches de la France par les chiffres, l'Autriche affiche 15,5 % et le Luxembourg 11 %. Enfin, en Espagne (4,7 %) et en Italie (1,5 %), l'incinération apparaît comme une pratique quasi-marginale. Au delà des seuls chiffres, le déroulement de la crémation s'inscrit dans des pratiques plus ou moins officialisées. En Grande-Bretagne par exemple, la famille se rend directement au crématorium où le pasteur assure un office religieux. A l'issue de son intervention, un rideau vient séparer la famille du cercueil, puis les proches s'en vont. Huit jours plus tard, en présence de la famille, on creuse un trou dans lequel on verse les cendres et on plante un rosier sous lequel sera déposée une plaque du souvenir. En Belgique et aux Pays-Bas, la famille se retrouve, après la cérémonie du crématorium, dans un lieu voisin autour d'un repas. En Belgique, elle revient systématiquement pour la dispersion des cendres ; en Hollande, elle est prévenue de la date de dispersion au cas où elle souhaiterait y assister. Dans ce pays, la législation ne permet pas aux familles d'emporter l'urne à leur domicile. En Allemagne, et dans les pays de l'Est, le corps du défunt ne transite pas par l'édifice cultuel. En ex-République fédérale d'Allemagne, les chrétiens assistent à une cérémonie religieuse après l'incinération. Les cercueils sont déposés au crématorium et on prévient la famille de la date d'incinération. Il s'agit là d'une gestion du corps à distance, d'une gestion très "industrielle". En Israël, dans les pays islamiques et orthodoxes, la crémation est une pratique bannie pour des raisons d'intégrité du corps. |